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La police judiciaire a été saisie par le parquet de Paris pour enquêter sur l'origine des rumeurs visant le couple présidentiel publiées le 10 mars sur le site internet du Journal du dimanche,
a-t-on appris mardi au cabinet du procureur.
Le parquet se fonde sur une plainte déposée par Hachette Filipacchi associés (HFA), branche du groupe Lagardère, dirigé par un proche du chef de l'Etat, Arnaud Lagardère. "Cette société
déclare dans sa plainte que la publication a nui à l'image de la société et à sa crédibilité", a expliqué une porte-parole du parquet. Le groupe Lagardère a déjà
poussé à la démission un responsable de Newsweb, filiale éditant le site internet du JDD, et un autre employé,
non journaliste, qui devrait être entendu par la police. Ce dernier a reconnu avoir publié l'article sur un blog hébergé par le site, répercutant des rumeurs circulant alors chez des journalistes
parisiens sur les problèmes supposés du couple Sarkozy.
Auparavant, des conseillers de Nicolas Sarkozy et son avocat, Thierry Herzog, ont évoqué publiquement dans les médias l'hypothèse d'une machination visant le président de la République. Ainsi,
samedi, Pierre Charon, conseiller en communication de Nicolas Sarkozy, se demandait, à propos
des rumeurs apparues début mars sur le couple présidentiel s'il n'y aurait pas "une espèce de complot organisé avec des mouvements financiers". Interrogé par Rue89, Pierre Charon se félicitait de la plainte contre X déposée par la société éditrice du Journal du dimanche (groupe Lagardère) pour "introduction
frauduleuse de données dans un système informatique", après la publication de ces rumeurs sur un blog hébergé par le site jdd.fr. Estimant qu'Olivier Jay, directeur de la rédaction du JDD, a été dans cette affaire "un peu
dépassé", il assure que "pour que la peur change de camp, il fallait qu'il y ait une procédure judiciaire".
"Destabilisation"
Il y a quelques jours, un ministre avait également confié à des journalistes que ces rumeurs pouvaient être une tentative de "destabilisation" du président Sarkozy. "Le fait que ces
rumeurs aient été relayées dans la presse en Grande-Bretagne, en Allemagne et en Suisse peut faire penser à un complot, alors que la France s'apprête, en 2011, à prendre la présidence du G20. On
va faire une enquête pour savoir d'où viennent ces rumeurs", avait ajouté ce ministre.
De son côté, l'ancienne ministre de la Justice Rachida Dati a engagé l'avocat Georges Kiejman pour menacer de poursuites ceux qui la désignent comme la responsable de la diffusion des rumeurs sur
le couple présidentiel. Selon plusieurs organes de presse, dont Le Canard enchaîné, un rapport des services de renseignement a en effet conclu à sa responsabilité dans l'affaire, et c'est ce qui
aurait conduit au retrait le 14 mars d'une escorte de quatre policiers dont elle bénéficiait comme ex-ministre. Me Kiejman conteste qu'elle ait eu un rôle dans la rumeur. "C'est impensable
que Mme Dati ait pu participer à une entreprise de déstabilisation d'un président auquel elle sait devoir beaucoup, voire tout", a dit Me Kiejman sur RTL. "Si on continue à imputer à Mme
Dati un rôle dans la diffusion de cette rumeur, on porte atteinte à son honneur. Si ,on porte atteinte à son honneur, on fait un délit de diffamation qui peut être poursuivi comme tel",
a-t-il ajouté. Affaire à suivre.